16/07/2020

Le Port de Nantes Saint-Nazaire à l'abordage de la crise sanitaire

Prudence est mère de sûreté. Cette devise aurait pu être celle du Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire. Pour cause, la structure était prête lorsqu'il a fallu assurer la sécurité et la continuité des opérations, dans un contexte d'urgence sanitaire due au Covid-19. Pascal Fréneau, Directeur Général Adjoint en charge des ressources fonctionnelles au sein du Grand port maritime, revient sur cette situation sans précédent — judicieusement anticipée.

Un point d'importance vitale à l'échelle territoriale

Le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire, c'est 3 000 escales par an. Un outil stratégique pour le commerce international, puisque la connexion est établie avec les zones économiques des cinq autres continents, soit 400 ports à travers le monde.

Nombreux sont les fournisseurs de produits et services de la région Grand Ouest, et par conséquent les consommateurs, à dépendre de l'activité de cette structure. L'établissement compte environ 550 personnes et 80 métiers. Au total, 3 000 professionnels maritimes et portuaires s'activent sur l'estuaire de la Loire et génèrent quelque 25 000 emplois.

L'enjeu est donc de taille. Lorsque l'état d'urgence sanitaire a été annoncé, puis le confinement quelques jours plus tard, il était indispensable que le port soit préparé.

Le plan de continuité d'activité

Pascal Fréneau souligne que le Grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire dispose d'un plan de continuité d'activité, défini en 2009 — suite à la pandémie de grippe aviaire — et régulièrement mis à jour. "Il recense l'ensemble des actions essentielles que nous avons l'obligation de conduire, quelles que soient les circonstances, pour préserver l'intérêt du pays et de la population", explique-t-il.

Ce plan de continuité d'activité a été déployé dès le 13 mars. "Le 17 mars, nous étions opérationnels pour répartir les effectifs de l'entreprise et adapter la logistique à la situation", ajoute Pascal Fréneau. Concrètement, voici quelques exemples des nombreuses actions mises en place :

  • 170 personnes ont basculé en télétravail,
  • 130 à 150 personnes ont été mobilisées sur site, en fonction de l'activité et par roulement afin de respecter les mesures sanitaires,
  • 230 à 250 personnes, en fonction de la mobilisation sur site, ont été placées en activité partielle,
  • Tous les équipements — masques, gel hydroalcoolique — ont été mis à disposition, y compris sur les terminaux qui sont restés opérationnels,
  • Les connexions à distance ont été boostées pour que toutes les équipes puissent se connecter en simultané,
  • Des entreprises spécialisées ont été sollicitées pour désinfecter les locaux communs.

Un protocole de tests a par ailleurs été mis en place pour vérifier l'état de santé des équipages des dragues du Grand Port Maritime avant que ces derniers n'embarquent pour plusieurs jours en mer. "Un système qui a fonctionné puisque nous avons été épargnés par la propagation du virus", salue Pascal Fréneau. En effet, un seul cas d'infection au Covid-19 a été confirmé. 

Du côté des terminaux, les marins des navires de marchandises ont été consignés à bord sur décision de l'Organisation Maritime Internationale.

Des besoins essentiels maintenus à flot

Un tel mode de fonctionnement a permis de maintenir l'approvisionnement des maillons essentiels de la chaîne de production et de consommation du territoire. Ainsi, la fabrication d'aliments pour le bétail a pu être poursuivie grâce à l'importation continue de tourteaux de soja, en provenance du Brésil. Pascal Fréneau remarque par ailleurs que le port de Nantes Saint-Nazaire a enregistré un fort trafic de gaz naturel, "pour constituer des stocks et contribuer à la consommation du pays".

La structure a également dû faire preuve de flexibilité pour s'adapter face à l'arrêt de certaines activités, à l'instar de la fabrication automobile. Ainsi, le transport entre l'estuaire de la Loire et l'Espagne, le Portugal ou encore le Maroc, a été suspendu.

Activité Nantes Saint-Nazaire

Le port de Nantes Saint-Nazaire paré pour le "monde d'après"

Si le déconfinement et la crise sanitaire laissent présager une période rythmée par des hauts et des bas, Pascal Fréneau reste optimiste : "Nous n'avons pas de visibilité sur ce qui nous attend, mais cela ne signifie pas pour autant que les événements à venir seront négatifs. Il faut miser sur le rebond et consacrer toute notre énergie au développement durable de l'entreprise, à la satisfaction de nouveaux besoins logistiques, industriels, de consommation. C'est cette démarche positive qui permet de bâtir l'avenir".

Quoi qu'il en soit, toutes les activités ont pu être maintenues, dans le respect des mesures sanitaires pour préserver la santé de tou.te.s celles et ceux qui font vivre le Grand Port Maritime. C'est aussi dans ces moments que l'on prend conscience du caractère essentiel de la chaîne des métiers portuaires, à la racine même de nombreux pans de l'économie, dans la région et au-delà !

 

Crédits images : ©NSNP-F.Badaire

 

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