18/09/2018

Tout savoir sur la Loire… côté pêche !

La pêche sur la Loire, c’est bien plus que l’image d’Épinal qu’on peut avoir en tête ! Pêche professionnelle, cuisine au silure et écosystème… Didier Macé, Président des pêcheurs professionnels maritimes et fluviaux en eau douce de Loire-Atlantique, nous a aidés à y voir plus clair !

Le métier de pêcheur professionnel

Pour rappel, le pêcheur professionnel est celui qui peut vendre le produit de sa pêche, contrairement au pêcheur dit de loisirs. Didier Macé est issu d’une famille de pêcheurs professionnels, depuis son arrière-grand-père jusqu’à ses cousins : « je suis tombée dedans tout petit, le bassin d’origine de la famille c’est le lac de Grand-Lieu, j’aurais voulu exercer mon métier là-bas, ça ne s’est pas fait. Mais je m’éclate tous les jours, j’ai la chance de vivre de ma passion et de la défendre. Il faut défendre le métier, le milieu, le poisson… C’est un métier mal connu qui fait “peur” au grand public, qui a tendance à le comparer à la pêche maritime alors qu’on ne travaille pas avec les mêmes engins, que les quantités sont bien moindres… Il faut expliquer ! ».

Inventaire à la Prévert des poissons de la Loire

La Loire est LE fleuve sauvage français par excellence, mais il n’y a pas de distinction biologique spécifique avec les autres cours d’eau de l’Hexagone. On y trouve donc :

  • Des grands migrateurs : le saumon, la truite, les lamproies marine et fluviatile, l’alose et l’alose feinte, le mulet, la plie et l’anguille à tous ses stades (civelle, anguille jaune, anguille argentée) ;
  • Des poissons sédentaires : le gardon, le rotang, la carpe, la tanche, la brème, la brème bordelière, le chevesne, le hotu, le barbot, la vandoise, l’aspe ;
  • Des carnassiers : le silure, le brochet, le sandre, le blackbass.

Corbicule et silure, kezaco ?

Depuis quelque temps, les questions autour du silure sont nombreuses. Notamment parce que l’espèce est impressionnante, avec des spécimens qui mesurent jusqu’à 2 m pour une centaine de kilos ! De fait, les stocks de certains poissons diminuent, comme nous l’explique Didier Macé : « on ne peut pas avoir 2 ou 3 gros carnassiers dans les rivières fleuves ou plans d’eau sans diminution de certaines espèces. Mais je ne suis pas capable à l’heure actuelle de le prouver de manière scientifique ».

À l’autre bout de la chaîne trophique aquatique, le corbicule fait aussi parler de lui. Ce petit coquillage nous vient du Mékong et si sa taille n’excède pas 4 cm, il sait se faire remarquer : « à cause de sa densité est impressionnante, on assiste à une consommation excessive de phytoplancton. Comme le phytoplancton est à la base de la chaîne trophique aquatique, toutes les espèces sont impactées. »

Quel rôle pour le pêcheur professionnel ?

Face à ces déséquilibres, les professionnels s’adaptent et essaient de travailler de façon durable, écologiquement et économiquement : « On a trouvé comment valoriser le silure et on travaille le mulet, la lamproie, l’alose… Comme on fait aussi face à des baisses de stock de ces trois dernières espèces qu’on n’est pas capable d’expliquer, on va mettre en place des études pour comprendre, mais ça prend du temps. En attendant, la première chose que l’administration va enclencher ce sont des mesures de gestion sur la pêche même si ce n’est pas la pêche qui est en cause. C’est pour ça que je dis que ce métier est à défendre et on le fait en montant des études avec des partenaires scientifiques comme l’INRA, le Museum… et les autorités compétentes. C’est très intéressant et on apprend plein de choses : la pêche a un impact, soit, mais d’autres facteurs ont des impacts bien supérieurs à ce qu’on pouvait penser. C’est le cas des barrages par exemple, si on pense aux anguilles ».

Nous avons éveillé votre curiosité ? Découvrez notre vidéo dédiée à la pêche en bord de Loire

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