30/03/2020

UET Shore 2019 de l’ENSAN : contribution créative pour une Loire plus franchissable

“Passer la Loire sans s’en passer”. C’est le sujet qui a été présenté aux élèves de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes (ENSAN), dans le cadre de l’UET Shore (Unité d’enseignement théorique) 2019-2020. Cette composante réunit des étudiants de master en formation initiale et en architecture navale.

Un clin d’œil aux engagements 18 et 20 à 25 adoptés après le grand débat “Nantes, La Loire et nous”, mais aussi l’occasion de faire rayonner l’architecture navale de l’ENSAN tout en alimentant la réflexion autour du fleuve. Le sujet de cette année succède aux guinguettes, baignades et escales de croisière explorées lors des éditions précédentes.

Un thème déclinable pour tous les fleuves du monde

La question du franchissement a déjà été approchée de façon incidente lors des précédents travaux de l’UET Shore. La dernière promotion l’a investiguée en profondeur afin de proposer des solutions inédites, créatives et durables pour traverser le fleuve. Deux objectifs à ce travail : d’une part, encourager la créativité et l’interdisciplinarité entre des étudiants architectes et ingénieurs. D’autre part, contribuer de façon originale et décentrée aux réflexions en lien avec les grands enjeux de la réconciliation du fleuve et de la métropole.

André Herskovits, architecte naval, maître de conférence à l’ENSAN et enseignant responsable de l’UET, a accompagné les étudiants dans leur réflexion autour d’une problématique qui “touche tous les cours d’eau du monde et leurs littoraux”. Il détaille que “Passer la Loire sans s’en passer” s’inscrit dans la continuité du développement historique et plus récent de la ville au nord, à l’est et à l’ouest. Il ajoute : “Il est logique de s’interroger sur le franchissement de la Loire à Nantes d’un point de vue pédagogique, mais aussi dans l’intérêt des populations et des décideurs. Et ce, alors que le développement et l'urbanisation historiques de la rive sud ont toujours été en retard sur le nord — même si de grands investissements ont été consentis ces dernières décennies jusqu'a la nouvelle ligne de Navibus lancée récemment”.

Une vision que partage Rémy David, directeur Mission Loire au sein de Nantes Métropole, qui a participé aux travaux de l’UET. Pour sa part, il est convaincu d’une résonance entre les observations des groupes et les actions en cours à Nantes. Quel est leur point commun ? “Ils ont vocation à offrir une nouvelle interaction avec le fleuve en associant une expérience sensorielle ou sensible à un acte ou un usage fonctionnel”, détaille-t-il.

Une sensibilité à la nature de plus en plus perceptible

Si l’imaginaire des étudiants alimente la créativité des propositions, André Herskovits souligne une sensibilité à la nature davantage présente au fil des éditions de l’UET Shore. “Aujourd’hui, certains sujets comme l’environnement commencent à être audibles. Les projets sont ainsi plus verts et empreints de bienveillance. Ils abordent les intérêts de la jeunesse et des générations futures”, résume-t-il.

Rémy David ajoute : “Les enjeux liés au déplacement ont bien été assimilés et ont permis aux étudiants de développer différentes pistes très originales. Ce thème fait par ailleurs écho à l'appel à projets Flots — dont les résultats seront rendus publics d’ici l’été”.

La preuve en images, au travers d’extraits des travaux remis :

Ce projet imaginé par Agathe de la Hougue, Alexandra Fiquelet, Paul Genelot et Anthony El Murr, est qualifié d’audacieux par Rémy David. “L’idée est d’optimiser l’emprise fonctionnelle du périphérique, voire de certaines lignes de chemin de fer, par un téléphérique innovant qui nous transporte où on le souhaite — un télé-périphérique malin”, décrit-il.

Airway UET Shore

Proposé par Gaël Abousejaan, Julie Antoine, Youen Jehanno et Roy Matta, Loire Sensible se démarque par... sa sensibilité ! Rémy David s’est prêté au jeu en le résumant ainsi : “Un voyage de découverte de la Loire amont et d’immersion écologique depuis le chemin de halage, une promenade belvédère accrochée à un pont ferroviaire, une passerelle sur la canopée au-dessus d’une île mystérieuse”.

Loire Sensible UET Shore

Le Boatonome de Martin Diacre, Ambre Renanteau, Mathieu Orzalesi et François Emaozadeh Talemi fait appel à l’énergie hydrolienne. “Il est tout à fait en phase avec les réflexions portées sur chacune des rives aval de la Métropole”, souligne Rémy David.

Boatonome UET Shore

Une fois n’est pas coutume, l’UET Shore a été l’occasion d’aborder des problématiques évolutives qui impliquent autant les acteurs sur le terrain, les étudiants et les enseignants, que la population de façon générale. Le travail se poursuivra donc l’année prochaine pour “faire avancer les esprits”, ainsi qu’André Herskovits résume sa mission !

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